07 mars, 2015

Les derniers instants #2

Il a fallu refaire un sac, pour deux nuits seulement. Prendre le RER, aller jusqu'à la gare, premier trajet sans pass navigo, premier trajet d'une vie différente. Et puis le train, le TGV. J'ai toujours aimé partir en voyage, ce moment de flottement où l'on s'installe, où l'on sort les affaires que l'on veut avoir près de soi, livre, magazine, petite part de cake achetée chez Lily's Brownies. La vendeuse n'était pas aimable, mais cette petite part de cake me faisait penser à ma copine S., alors...

Le temps est long, 5h30, ce n'est pas rien. A l'arrivée, tout est semblable mais en même temps différent. Mamie n'est plus là depuis 4 ans et demi, l'odeur de sa nourriture ne passera plus jamais mes narines (désolée pour le cliché, mais, oui, ma mamie passait sa vie en cuisine). Mamie ne me préparera plus jamais mon café sans sucre. Mais elle est toujours là, dans mon coeur. Papy est tombé malade, mais il va mieux. Tonton a un cancer, peut-être, on enlève lundi une partie cancéreuse sur son nez, mais on ne sait pas si il y aura des métastases. Et tata en a marre. Ma tata.

Il faut dîner, manger, déjeuner, petit-déjeuner. Parce que papy cuisine toujours pour 12. Mais je ne dis rien car c'est le signe qu'il ne se porte quand même pas si mal. Il y a aussi le thé, avec tata, à 16h30, petits gâteaux industriels et thé en sachet mais on s'en fout. C'est la douceur d'être ensemble qui compte.

Il faut aussi aller voir les copains qui ont ouvert une librairie à Pau. Je ne les ai pas vus depuis le BP, trois ans et demi ? Ils ont créé un premier bébé et un second est en préparation. Je suis contente de les avoir vus.

Il y a les montagnes, au sud, que l'on voit depuis le balcon et que je ne me lasse pas d'observer. Je ne les ai pas beaucoup vues, j'aurai voulu m'en imprégner tout mon saoul. Mais la pluie et les nuages en ont décidé autrement. Qu'importe, j'ai quand même réussi à voir toute la neige à leur sommet. C'était beau.

Il y a papy qui fouille dans les tiroirs pour me donner les crochets de mamie, pour que je puisse essayer de faire des trucs avec à l'autre bout du monde. Et nous deux qui faisons du tricotin.

Papy est là. Entre lui et moi, pas besoin de paroles. C'est ça, une histoire sans paroles. Juste une présence. Juste être ensemble. Lire, manger, regarder la télé, qu'importe. Ce qui importe, oui, c'est d'être ensemble. Et je crois que, lui et moi, on a trouvé une sorte de communion.

Putain, il va me manquer. 
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