17 septembre, 2014

Accepter son passé.

J'ai longtemps renié mes origines. J'ai longtemps voulu oublier d'où je venais. Dès que j'ai pu, je suis partie. Pour voir si l'herbe était plus verte ailleurs. Pour fuir cette région, cette ville... Cet endroit où je ne me suis jamais sentie à ma place.

Combien de fois ai-je pu l'écrire ici ?

Ce rejet, ce dégoût pour la ville où j'ai grandi... Combien ? Combien d'articles dans lesquels je répète que je n'ai aucune envie de mettre un pied là-bas ? 

Pendant longtemps, j'ai refusé de dire d'où je venais. Je montais sur mes grands chevaux quand on me posait la question : "et toi, tu viens d'où ?" "pourquoi, j'ai un accent ?"
Je n'ai jamais aimé ce coin, ces gens sans culture, ces personnes qui ne travaillent pas et ne font rien d'autre de leurs journées que de te regarder passer dans la rue, pour ensuite aller dire à tes parents que tu étais à tel ou tel endroit.

Ces gens plein de jugement. Je jugeais aussi.

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J'ai compris ça il y a peu de temps, après la lecture d'un livre (encore!). J'ai compris que je me braquais. Peut-être à tort. Que je passais peut-être à côté de bons moments, à faire toujours la tronche, à ne jamais lever le nez de mes bouquins, à toujours rester dans mon coin. C'est dans ces moments là que je me sentais encore moins à ma place.

Alors, j'ai décidé de mettre mon jugement hâtif dans ma poche avec mon mouchoir dessus. De faire un effort et de voir. Grand bien m'en a pris. J'en avais déjà parlé ici, mais je le répète : je crois avoir passé l'une des plus belles soirées de ma vie. Et, bien-sûr, elle a été suivie de plein d'autres.

Je ne vais plus chez maman à reculons. J'ai compris que, là-bas aussi, il pouvait y avoir des belles choses. J'ai, un peu, compris pourquoi elle reste là-bas. Oh, je ne me gêne pas pour la secouer un peu et lui dire de partir loin d'ici mais je comprends.

Je crois que je suis un peu plus en paix avec l'endroit d'où je viens. Je ne dirai pas que j'en suis fière, ah, ça, non ! Je ne le crierai pas non plus sur les toits. Mais, j'avoue tout, je suis contente d'y aller. Et j'ai un petit pincement au cœur au moment de repartir.

Encore un endroit et des personnes auxquels il va falloir dire au revoir en mars... La liste ne cesse de s'allonger. Et moi, le temps passant, je suis un peu plus heureuse de partir mais aussi un peu plus triste.
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