Des mois que j'essaie de taper cet article et que je bloque. Des mois que je ne sais pas comment m'exprimer, comment écrire que la sophrologie m'a fait plus de mal que de bien.
Tout d'abord, loin de moi l'idée de diaboliser cette pratique, elle m'a fait beaucoup de bien sur le moment, j'ai appris de bonnes techniques de respiration et je me suis initié à la méditation. Je pense simplement ne pas avoir "terminé"... J'essaie de ne pas me blâmer, la vie est ainsi faite de choix et de renoncement.
Je m'en veux, de m'être lancée dans cette remise en question sans avoir les moyens financiers qui suivent. J'en veux aussi à la praticienne qui ne m'a pas prévenue des risques d'un arrêt aussi brusque... Je crois que c'était aussi une partie de son boulot.
J'ai commencé la sophrologie pour me détendre alors que je passais le permis. Je l'ai raté une première fois, ait pris la décision de passer en automatique et l'ai eu à la deuxième tentative, détendue. Est-ce que la sophrologie a joué un rôle là-dedans ? Je ne pense pas. J'en étais persuadée quand j'ai reçu le fameux papier "admis" mais avec le recul, je pense que ça n'a rien à voir. Ce permis, je ne le dois qu'à moi-même et à ma décision de le passer en boîte automatique, et non pas manuelle.
Comment quelque chose qui m'a fait autant de mal par ailleurs aurait pu m'aider à avoir ce précieux sésame ? Vous avez 4 heures.
J'ai toujours été une personne très angoissée, j'ai toujours eu peur de tout. Mais j'ai appris à vivre avec ces phobies, de la bonne manière ou non, j'ai décidé de cesser de m'écouter et de passer outre. Je vis chaque jour avec mes peurs. Ma peur de me blesser et d'aller à l'hôpital ne m'a jamais empêchée de sortir, de cuisiner... Ce n'est peut-être, sans doute, pas la bonne solution, mais j'ai tout enfoui en moi et j'ai décidé de vivre comme n'importe qui (ou à peu près).
La sophrologie a tout fait ressortir. Toutes mes phobies. Toutes celles qui auraient pu être handicapantes mais que j'ai empêché d'être. Ma peur de me blesser : je n'arrivais même plus à sortir un plat du four, tellement j'avais peur de me brûler. La peur des hôpitaux et des médecins : je me suis interdit d'aller voir le médecin malgré une infection et des douleurs au ventre incroyable, parce que j'étais persuadée qu'il allait m'envoyer à l’hôpital. Ma peur des insectes. Toutes. Mes. Peurs.
Je suis devenue aussi beaucoup plus sensible, beaucoup plus à fleur de peau. Je suis déjà quelqu'un qui pleure beaucoup, notamment quand je suis en colère. Mais je me suis mise à pleurer pour tout. Colère, joie, bonheur, tristesse... Je n'en suis toujours pas revenue pour le moment.
Depuis que je suis en Nouvelle-Zélande, j'ai beaucoup de temps pour penser à moi et pour me remettre d'aplomb. Mes phobies vont mieux, j'apprends de nouveau à vivre avec. Même si je suis capable de me déclencher une crise d'angoisse pour un mal de ventre, parce que je pense que j'ai l'appendicite...
J'ai aussi beaucoup de temps pour réfléchir, et je me rends compte, que, non, la sophrologie ne m'a pas fait de bien. Pas du tout.
Je suis très "bon public" pour ce genre de choses, je pars très vite et je pense que c'est ce qui m'a aussi joué des tours. Impossible pour moi de commencer une "thérapie" de la sorte et de ne pas la terminer. J'ai ouvert la boîte de Pandore et il me faut régler mes problèmes un à un.
La question ne se pose pas ici, je n'ai pas l'argent, ni l'envie de reprendre des séances, surtout pas en anglais. Mais je me suis mise à la méditation, j'en ai déjà parlé, et au yoga depuis quelques semaines, je réapprends à vivre avec mon corps et à m'accepter (j'avais écrit "me tolérer", révélateur, non ?) comme je suis.
Et vous ? Des bonnes, mauvaises expériences ? Yoga, méditation ? Rien du tout ? Dites moi tout :-)